La prise de conscience écologiste suscitée parle tsunami en Thailande a mis en lumière l’importance des forêts de mangrove et de leur rôle de zone tampon contre la fureur des éléments. Auparavant, on considérait que les mangroves ne servaient à rien. On les éliminait donc de façon indiscriminée. On estime qu’environ 80% des forêts de mangrove bordant le littoral du golfe de Thaïlande et 20% de celles de la côte d’Andaman ont été détruites pour laisser la place à de petits élevages marins, aux infrastructures touristiques, ou pour alimenter l’industrie du charbon de bois. Les élevages de crevettes représentent plus grande menace, la Thaïlande étant le premier producteur mondial crevettes tigrées. Les fermes d’élevage, très polluantes, s’implantent dans milieu naturel de marais de mangrove et entraînent un coût exorbitant, pour l’environnement que pour la population autochtone. Beaucoup sont gérées par une mafia d’investisseurs étrangers et de politiciens véreux. Les fermes génèrent de tels profits (la production annuelle est passée de 900 tonnes à 277 000 tonnes ces dix dernières années) que les voix contestataires sont vite réduites au silence. Les industries de pêche intensive de Thaïlande et des pays voisins, fréquemment surnommées "mines à ciel ouvert de la mer", contribuent grandement à la détérioration de la santé de l’océan. Les prises ont baissé de 33% dans la région du Pacifique asiatique ces 25 dernières années et, la partie septentrionale du golfe de Thaïlande est quasiment vide de poissons. L’essentiel du produit de la pêche est envoyé sur les marchés étrangers et ne bénéficie que rarement aux Thaïlandais eux-mêmes. Les poissons et fruits de mer vendus dans le pays proviennent des élevages, autre grande activité côtière du pays.



