Le grand wihâan abrite le Bouddha Chinnarat ("Phra Phuttha Chinnarat"), une des statues les plus vénérées et les plus copiées. Le temple se trouve près du pont sur la Nan (à droite en quittant Philok vers Sukhothai). La vénération de cette fameuse statue de bronze n’est dépassée que par celle du bouddha d’Émeraude du Wat Phra Kaew de Bangkok et seul le Wat Sothon de Chachoengsao surpasse les sommes collectées ici (environ 12 millions de bahts par an). Le bouddha fut fondu à la fin de la période Sukhothai et le halo, en forme de flamme, entourant sa tête et son torse et se retournant à la base pour se transformer en tête de dragon-serpent de chaque côté de la statue en fait une pièce unique. La construction du temple fut entreprise sous le règne de Li Thai en 1357. A son achèvement, Li Thai voulut le gratifier de trois statues de bronze de qualité supérieure. Pour cela, il envoya quérir les meilleurs sculpteurs de Si Satchanalai, Chiang Saen, Hariphunchai (Lamphun) et prêtres brahmanes. Les deux premières fontes se déroulèrent comme il convient, mais la troisième nécessita trois essais avant d’obtenir la bonne. D’après la légende, un sage en robe blanche, venu d’on ne sait où, vint apporter son aide à la fonte finale, avant de disparaître. Cette dernière statue fut appelée le bouddha Chinnarat ("Roi victorieux"), et il devint la pièce centrale du wihâan. Les deux autres bouddhas, Phra Chinnasi et Phra Si Satsada, furent transférés plus tard au temple royal du Wat Bowonniwet à Bangkok. Seul le Chinnarat possède le halo en flamme. Les murs du wihâan sont peu élevés’pour recevoir les toits descendant très bas, typiques de l’architecture septentrionale, de sorte que la statue paraît plus grande qu’elle ne le serait dans un temple du Centre ou du Nord-Est. Les portes sont incrustées de nacre et reproduisent un dessin du Wat Phra Kaew de Bangkok.



